Voici la photo la plus proche d’une petite lune cachée dans les anneaux de Saturne

Alors que les chasse-neige du nord-ouest des États-Unis ont poussé la neige cette semaine, un rocher de la taille de l’Everest, situé près de Saturne, a poursuivi son effort séculaire pour se frayer un chemin dans le vaste disque d’anneaux glacés de la planète.

Le 16 janvier, la sonde Cassini à propulsion nucléaire a survolé la petite lune, appelée Daphnis, et a pris la photo la plus proche de l’objet. Le cliché ci-dessous, publié mercredi par la NASA, est aussi joli qu’incroyable.

L’image montre le rocher spatial de 8 kilomètres de large dans son couloir de 42 kilomètres de large, appelé Keeler Gap, alors qu’il passe à toute vitesse :

NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute (en anglais)

Le passage de la lune soulève de grandes vagues de matériaux de l’anneau grâce à sa faible attraction gravitationnelle, ainsi que de plus petites traînées de gravillons qu’elle entraîne dans la fente.

Si vous regardez attentivement, vous pouvez voir une traînée en bas à gauche de la lunelette :

NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute

Vous pouvez voir la gravité de Daphnis qui ” éclabousse ” les anneaux de haut en bas, grâce aux ombres projetées sur les anneaux par le Soleil :

La NASA essaie de tirer toutes les photos possibles de Cassini, car cette mission, lancée en octobre 1997 et qui a passé 13 ans en orbite autour de Saturne, doit se terminer cette année.

Et par “fin”, nous voulons dire plongée dans les nuages sans fond de Saturne.

Fin 2016, l’agence spatiale a mis Cassini sur la voie d’une orbite de grande finale de la planète et de ses dizaines de lunes, permettant au robot de prendre des vues sans précédent comme celle publiée cette semaine.

Mais à la fin avril, Cassini entamera sa spirale de la mort. Elle survolera le pôle nord de Saturne, glissera 22 fois entre la planète et ses anneaux et finira par “brûler comme un météore”, selon la NASA, le 15 septembre 2017.

Et pourquoi, me direz-vous, mettre fin à la mission par un incendie au lieu de laisser Cassini poursuivre sa route, comme les vaisseaux Voyager, qui continuent à s’échapper du système solaire ?

Parce que deux lunes glacées de Saturne, Encelade et Titan, sont gorgées d’eau et donc des endroits prometteurs pour la recherche de la vie – la NASA veut éviter toute chance que Cassini s’écrase sur elles et contamine les mondes avec d’éventuels germes terrestres.